« Sainte » Angela et la « vertueuse » Allemagne que l’on nous vante tous les jours……

Publié le par Jacques

Environ 15% de la population allemande vit en situation de pauvreté.


C'est ce que dénonce le rapport sur la pauvreté publié Outre-Rhin le 18 décembre.


Parallèlement, de nombreuses associations dénoncent la politique gouvernementale, elles accusent les autorités de maintenir volontairement les gens dans une situation précaire.


Michaela Hoffmann, co-présidente de la conférence annuelle sur la pauvreté accuse très clairement Berlin de maintenir volontairement les gens dans la précarité.

Elle demande que les minimas sociaux soient relevés. En Allemagne, il n'existe pas de salaire minimum, impossible donc d'augmenter le taux horaire comme vient de le faire le gouvernement français.


Ce thème pourrait bien s'inviter sur la scène politique allemande.


De fait, l'Allemagne a misé ces dix dernières années sur une politique de bas salaires pour soutenir sa croissance. Aujourd'hui, elle compte plus de travailleurs pauvres qu'en France !


L'augmentation de la pauvreté en Allemagne date d'avant le début de la crise économique alors qu'en France, elle est une conséquence de la crise économique.


 

Soupe populaire en Allemagne.


En Allemagne, la pauvreté a commencé à augmenter en 2005 suite à la mise en place des lois Hartz qui ont eu pour effet de paupériser à la fois les chômeurs et une partie des travailleurs à bas salaires. Donc  entre 2005 et 2008, le taux de pauvreté en Allemagne a augmenté de plus de 2% alors qu'il était sur cette période stable en France.


Le modèle de réussite récent, en Allemagne, s'est appuyé sur un développement très important de toute une économie à bas salaires et d'emplois qu'on a appelé les emplois à un euro, les mini-jobs. C'est donc l'État allemand qui, au contraire de la lutte contre la pauvreté, a encouragé le développement de cette économie à bas salaires.


Il y a une grosse partie de l'augmentation de la pauvreté en Allemagne qui s'explique par une assurance chômage qui est devenue beaucoup moins généreuse.


Auparavant, les chômeurs allemands avaient accès à une indemnisation chômage relativement généreuse et pour lutter contre le chômage de longue durée, on a réduit la durée d'indemnisation et rendu l'indemnisation beaucoup moins généreuse pour inciter les gens à prendre des emplois moins bien payés.


D’après Eurostat, au cours des six dernières années, le taux de pauvreté, mesuré au seuil de 60 % du revenu médian, a augmenté de 3,6% en Allemagne, augmentation quatre fois plus importante que celle observée en France (0,9 point).


En 2011, malgré la forte baisse du chômage et un différentiel important avec la France, le taux de pauvreté en Allemagne se situe à 1,8 point au-dessus – soit plus de 11 % de plus – de celui observé en France.


D'autre part, le Rapport annuel sur la répartition des richesses en Allemagne a, d’après le quotidien "Süddeutsche Zeitung", été fortement remanié par le gouvernement pour donner une image moins inégalitaire du pays.


C’est ainsi que les deux versions consultées par le journal munichois diffèrent dès l’introduction. Le document original indique que “tandis que les salaires des tranches supérieures de la population ont augmenté, les revenus de ceux qui gagnent le moins ont baissé ces dix dernières années notamment par rapport à l’inflation”. En clair, les inégalités se sont creusées.


La version remaniée tire une conclusion bien différente : elle contrebalance la baisse du pouvoir d’achat par une “’amélioration structurelle du marché du travail”. Le nouveau document se félicite ainsi que davantage de personnes gagnant peu d’argent aient pu trouvé des CDI entre 2007 et 2011...


D’après le "Süddeutsche Zeitung",  certaines données du Rapport ont carrément été effacées. La mention des plus de quatre millions de personnes qui, en 2010, disposaient d'un salaire horaire brut de moins de sept euros a tout simplement disparu. Par comparaison, le smic horaire brut en France est de 9,40 euros.


Il semblerait, en fait, que le texte original soit resté en travers de la gorge du ministre de l’Économie, Philip Rösler, qui appartient au FDP, l’allié libéral de la CDU (parti chrétien-démocrate) d’Angela Merkel. D’après le quotidien "Frankfurter Rundschau", il aurait estimé que "les conclusions du Rapport ne correspondaient pas à l’avis du gouvernement”.

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