RETRAITES: à lire absolument avant la mobilisation du 24 juin ! (1)

Publié le par Jacques

Retraite, les chiffres qu’on oublie

Alors, la retraite à 62, 63, 64 ou 65 ans ? Si 100 % des futurs retraités ont participé au petit jeu de la cotisation, tous ne seront pas gagnants. Un carreleur qui a dû travailler dès 16 ans devra attendre quelques années de plus pour ne plus vivre à genoux. Il peut espérer profiter pleinement de sa retraite pendant un an et un mois, à 62 ans, si l’on en croit l’Insee. Car l’espérance de vie en bonne santé, un critère oublié et pourtant essentiel, n’est que de 63,1 ans pour les hommes et de 64,2 ans pour les femmes, avec un écart de sept ans entre un ouvrier et un cadre. Sept ans de moins, mais un même âge de départ en retraite.

Le Conseil d’orientation des retraites (COR) a mis en avant deux critères pour équilibrer notre système de retraite : l’âge du départ et la durée de cotisation. On nous dit que les chiffres sont rigoureux. On gagnerait un trimestre de vie chaque année. On oublie de dire que ce gain ne s’applique qu’à ceux qui naissent et non pas à ceux qui sont en cours d’activité professionnelle. Selon le COR, l’espérance de vie à 60 ans pour la période 1950 à 2000 s’est accrue de 4,8 ans pour les hommes et de 7,2 ans pour les femmes et pourrait augmenter d’un an et demi tous les dix ans. Ce qui n’est pas la même chose qu’un trimestre par an ! On nous dit que les retraités seront de plus en plus nombreux et les actifs cotisants de moins en moins nombreux. Et de prendre comme exemple les populations européennes qui font moins d’enfants que les Français. Notre pays sera riche en 2050, selon l’Insee, non pas de 64 millions mais de 70 millions d’individus. Ce qui change pas mal de choses.

Au nom de la rigueur et du partage, on raisonne sur de fausses données pour résoudre un vrai problème. Certes, il faut trouver de l’argent. Les niches fiscales coûtent 70 milliards d’euros. Selon l’ouvrage de Gérard Filoche et Jean-Jacques Chavigné Une vraie retraite à 60 ans, c’est possible (éd. Jean-Claude-Gawsewitch, 2010, 256 pages, 18,90 euros), les profits ont pris 8,5 points de richesse nationale aux salaires entre 1983 et 1990. Et autant les deux pistes - recul de l’âge de la retraite et augmentation de la durée de cotisation - se dessinent, autant la piste du partage des profits reste en sourdine. Coluche avait raison quand il disait que l’avenir appartient à ceux dont les ouvriers se lèvent tôt “.

Patrick Lelong

© Le Monde  5 juin 2010+++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++

Le petit livre des retraites

(A l’usage de ceux qui veulent les défendre)

de Pierre-Yves Chanu, Jean-Christophe Le Duigou

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Comment bénéficier d’une retraite décente avec quarante ans de cotisation quand on multiplie les stages, les CDD, les périodes de chômage, quand on trouve un CDI à 30 ans, quand dès 50 ans on vous fait comprendre qu’il faudrait quitter l’entreprise ? Gouvernement et patronat prônent le rallongement de la durée de cotisation ou la baisse du niveau des pensions comme solution au problème des retraites tout en précarisant l’emploi, notamment celui des jeunes et des seniors. Rester enfermé dans ce raisonnement, c’est à coup sûr fragiliser le système par répartition et diminuer le montant des retraites. C’est promouvoir la retraite par capitalisation dépendante des marchés financiers et favorable aux plus riches. Ce livre propose une autre approche : il s’agit d’abord de savoir quelle retraite nous souhaitons garantir collectivement aux générations successives. Pour cela, il faut prioritairement s’interroger sur la situation de l’emploi, sur les difficultés rencontrées par les systèmes de retraite à prendre en compte la précarité, les temps de formation, les parcours professionnels heurtés, la pénibilité des tâches. Il faut, de même, se doter de nouveaux outils de coordination des régimes, créer un socle de droits de haut niveau commun pour toutes les catégories de la population. La question du financement de la retraite par répartition n’est pas insurmontable, à condition de donner toute sa priorité au plein emploi et de mettre à contribution les revenus financiers.

Biographie de l’auteur

Pierre-Yves Chanu est vice-président de l’ACOSS (Agence centrale des organismes de Sécurité sociale). Jean-Christophe Le Duigou est membre de la Commission économique de la Nation. Ils sont tous deux les représentants de la CGT au Conseil d’orientation des retraites (COR).

  • Broché: 160 pages
  • Editeur : Editions de l’Atelier (30 avril 2010)
  • Collection : SOCIAL ECO H C
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2708241257
  • ISBN-13: 978-2708241251

Prix : EUR 9,50  Editions de l’Atelier. (160 pages)

 

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