PUBS INTERDITES A LA TELE.

Publié le par Jacques

 

Remington, Rowenta, Sony, Panasonic, Diesel, Nikon, Hynday, Renault, Philips, L'Oréal, Peugeot, Samsung......


Rassurez-vous, je ne vais pas faire de la réclame pour les marques ci-dessus.

 

 

Au contraire, je vais m'en prendre aux publicitaires qui ont conçu ces messages commerciaux et aux organismes chargés de faire respecter la Loi.


Toutes les marques ci-dessus, repérées en deux soirées seulement, ont en commun d'utiliser des termes anglais dans leurs mini-films. Et il doit y en avoir encore d'autres.... Ces termes anglais sont d'ailleurs pompeux. Ils n'apportent strictement rien au message publicitaire. C'est juste du snobisme dérisoire !

 

 

Or cela est strictement INTERDIT par la Loi n° 94-665 du 4 août 1994 relative à l'emploi de la langue française, dite Loi "Toubon", du nom de son auteur, alors Ministre de la Culture.


Que dit cette Loi:

"l'emploi de la langue française est obligatoire.
Les mêmes dispositions s'appliquent à toute publicité écrite, parlée ou audiovisuelle".


Cette Loi a reçu son Décret d'application: Décret n° 95-240 du 3 mars 1995 pris pour l'application de la loi relative à l'emploi de la langue française:

"Le fait de ne pas employer la langue française dans les conditions prévues par la loi du 4 août 1994 susvisée relative à l'emploi de la langue française. Dans toute publicité écrite, parlée ou audiovisuelle, est puni de la peine d'amende prévue pour les contraventions de la 4e classe".


Une Circulaire ministérielle est venue compléter ce dispositif législatif: Circulaire du 19 mars 1996 concernant l'application de la loi n° 94-665 du 4 août 1994 relative à l'emploi de la langue française:

Champ d'application de la loi

"L'emploi de la langue française pour la commercialisation des biens, produits et services. Toute publicité écrite, parlée ou audiovisuelle concernant les biens, produits ou services commercialisés".


Tout cela est on ne peut plus clair.


Comme il est clair qu'en décembre 2012, certaines marques s'affranchissent allègrement des dispositions de la Loi de 1994 !


Comment est-ce donc possible ????


Parce qu'en premier lieu, les chaînes de télévision concernées ne font pas leur travail.

Ensuite, il en est de même pour les organismes chargés de la surveillance de l'(application de la Loi "Toubon".


A commencer par l’Autorité de Régulation Professionnelle de la Publicité (ARPP).

Emme a d'ailleurs un culot monstre cette "Autorité". Dans son dernier bilan connu sur internet, qui date de 2009, on peut lire zéro manquements à la dite loi dans la colonne télévision....

L'ARPP en donne une raison totalement évidente: "Toute la publicité TV étant visionnée par l’ARPP avant sa diffusion, les éventuels manquements sont éliminés « à la source »". Circulez, y'a rien à voir !


Il y a le  CSA (Conseil Supérieur de l'Audiovisuel).

En application de l’article 1er de la loi du 30 septembre 1986, le CSA « veille à la
défense et à l’illustration de la langue française » dans la communication audiovisuelle.

Mais alors ses vérificateurs doivent s'endormir pendant les plages de publicité sur les écrans....


Le plus sérieux, c'est encore le Bureau de Vérification de la Publicité (BVP).  Il joue, paraît-il,  un rôle important dans le contrôle de l’obligation d’usage de la langue française en matière de publicité.


Mais là encore, je n'ai pu trouver de données très récentes.


Le document trouvé porte sur les contrôles effectués entre le 1er mai 2006 et le 30 avril 2007.

Cette année-là,  le BVP a contrôlé environ 18000 messages publicitaires télévisés.
Sur l’ensemble de ces messages contrôlés, plus de 16500 ont reçu un avis favorable, 19 un
avis « à ne pas diffuser », et près de 1900 ont fait l’objet d’une demande de modification.
Sur ces 1900 messages à modifier, 372 contrevenaient à la loi Toubon, soit environ 20% des publicités modifiées.


De nombreux termes ont dû faire l’objet d’une traduction, par exemple make up, playlist, ou encore number one.


Seulement voilà, en 2008, le BVP est devenu....l'ARPP.... voir ci-dessus !!!!


Dans son dernier Rapport, portant sur l'année 2011, on trouve cependant, en cherchant bien (!) ces deux petites lignes:


"Le second motif d’intervention reste l’emploi obligatoire et correct de la langue française (242 Avis à modifier)".


Suivies de ce petit tableau:  "Emploi obligatoire et correct du français:  242 (2011)    378 (2010) 342 (2009)  370 (2008)" .


Tout cela paraît bien maigre au titre des constatations effectuées ci-dessus.


Manifestement de nombreux écrans publicitaires sont passées à travers les    "mailles du filet" en 2012.                                                                  

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