Ah, ah…..le candidat élu par rejet du second postulant…..

Publié le par Jacques

 

Ainsi, depuis dimanche 6 mai au soir, on voit fleurir un peu partout dans la presse de droite, sur des bloc-notes individuels de droite mais aussi - malheureusement - à la gauche du PS,  cette belle antienne:


"M. Hollande a été élu surtout à cause du rejet de M. Sarkozy"


Quelle commodité de langage pour dénigrer  - illico - le nouveau Président.


Il existe pourtant un bel adage électoral : " Au premier tour, on choisit. Au second tour ON ÉLIMINE".


Donc l'antienne rappelée ci-dessus sert surtout à masquer les vraies questions que la droite devrait se poser:

1) Pourquoi M. Sarkozy n'a-t-il pas été choisi au premier tour ?

2) Pourquoi M. Sarkozy a-t-il été éliminé au second ?  .......

 

Alors, allons un peu plus loin dans l'analyse des faits.


Dès le mois d'août 2007 ( !!!) je relevais que le début du quinquennat de M. Sarkozy présentait d'étranges similitudes avec celui du septennat de M. Giscard d'Estaing.

Je relevait même que l'Historien Max Gallo, ancien Ministre de Mitterrand mais qui avait appelé à voter Sarkozy, déclarait exactement la même chose, au micro de France Inter le 22 août 2007......


La suite ne s'est pas démentie.


Comme M. Giscard d'Estaing qui s'occupait des boutons des vareuses des Gardes Républicains ou du rythme de la Marseillaise, M. Sarkozy s'est occupé de tout pendant cinq ans.

Comme M. Giscard d'Estaing ( les "avions renifleurs", les diamants de Bokassa) M. Sarkozy a fini son mandat avec des histoires non encore élucidées ( Karachi, Kadhafi).

L'un opposait un "démenti catégorique et méprisant", l'autre a parlé de "fables grotesques".

M. Sarkozy s'est même employé à reprendre pour sa campagne des "recettes " employées par M. Giscard d'Estaing, 31 ans plus tôt ...("La France Forte", "Aidez-moi", "Aidez la France"...).


Les même causes produisent donc souvent les mêmes effets..... non ?


D'ailleurs ces deux Présidents ont fini leur mandat avec des cotes de confiance et/ou de popularité aussi négatives l'un que l'autre.


La similitude ne s'arrête pas là.


En 1981, le candidat Mitterrand obtenait 1 065 956 voix de plus que M. Giscard d'Estaing qui culminait à 48,24 %.

En 2012, M. Sarkozy s'est retrouvé à 1 131 067 voix derrière M. Hollande en obtenant...48,36 % des suffrages.


On pourrait même rajouter - pour en sourire - que dans les deux cas, M. Chirac s'est prononcé contre les deux Présidents sortant.


La détestation de MM. Giscard d'Estaing et Sarkozy est donc identique à trois décennies d'écart.


Seulement, en 1981, il n'était venue l'idée à personne de claironner que M. Mitterrand avait été élu à cause du rejet - pourtant bien réel - de M. Giscard d'Estaing .

 

En 1981, M. Mitterrand avait gagné . Point barre.

En 2012, M. Hollande a gagné. Point barre !


 

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berdepas 14/05/2012 11:41

Ne pleurez pas avant d'avoir mal !!! Lisez cet excellent éditorial de Favilla, toujours aussi mesuré et aussi objectif:
A 1,68 % près, une moitié des Français se félicite des résultats de la présidentielle, l'autre moitié les regrette. Mais la plupart sentent bien venir des lendemains difficiles. A gagné celui qui a
le mieux su le leur faire oublier le temps d'une campagne. Ce qui confirme cette autre loi électorale selon laquelle il faut dire à l'électeur d'abord ce qu'il souhaite entendre. C'est ce qui
explique aussi que cette campagne ait été délibérément domestique, parce que toutes les menaces sont internationales. Là, ils s'y sont mis tous les deux. Sarkozy en brandissant des mesures
protectrices contre ces dangers, Hollande en affectant simplement de les ignorer. La preuve est faite que la seconde posture était plus rentable que la première. Mais le monde est toujours là. Et,
devant nous, les mesures forcément impopulaires qui vont s'imposer.

Sarkozy a payé celles qu'il a prises. Le plus étonnant est qu'il y ait réussi au cours de ces cinq ans sans conflit social majeur. Mais il lui a fallu pour cela affronter toutes sortes de
corporatismes ou de situations acquises. Par exemple en remettant dans le bon sens le régime des retraites, en instaurant le service minimum en cas de grève, en réformant le système de
représentation syndicale, en remettant de l'ordre dans la carte judiciaire, en modernisant de façon décisive les universités et la recherche... on en oublie. Ayant fait en somme aux Français
quelque bien malgré eux, il ne lui reste dans les urnes, à la marge, que la sanction du malgré.

Si, comme on l'espère, Hollande en est conscient, il ne lui reste qu'à poursuivre dans la même voie. Réduire les dépenses au lieu de les augmenter, éviter d'étrangler l'initiative par la fiscalité,
continuer le sauvetage des retraites au lieu de les naufrager, libérer le travail des entraves brandies comme des garanties par les permanents en place, s'affranchir du credo selon lequel la
croissance est celle des importations... on en oublie aussi. La situation exige encore que le bien des Français l'emporte sur leur gré.

Jacques 14/05/2012 11:52



Remise du régime des retraite "dans le bon sens". Cette réforme n'est pas financée à partir de l'an prochain !


Service minimum en cas de grève: faux, il s'agit juste d'une obligation de se déclarer grèviste 48h à l'avance. Ce système n'a pas empêché de graves
perturbation, la Sncf ou la Ratp n'arrivant pas ou ne voulant pas gérer la situation.


Réforme du système de représentation syndicale....Je suis sidéré que vous défendiez cette réforme qui a fait la part belle à la CGT, organisation que vous
exécrez tout particulièrement.


Carte judiciaire...On voit bien que depuis le grand sud de l'Espagne vous ne vivez pas le calvaire des usagers des tribunaux dans les départements français.
Il y avait déjà les déserts médicaux, il y a maintenant les déserts judidiaires ( l'une des bonne raisons pour lesquelles d'ailleurs le Sénat a basculé à gauche !). Sans parler des prises de
positions publique ( une grande première) de la Conférence des Procureurs Généraux de la République


Modernisation des Université ? Vous confondez modernisation et autonomie et on entendi dire de plus en plus par les Présidents des Université que cette
réforme ( une de plus dans ce cas) a été baclée et n'était peut être même pas nécessaire....


 


jf.