NON à “l’extension” du travail le dimanche !

Publié le par Jacques


Quand on sait qu’extension ne peut rimer, dans la tête de M. Sarkozy, qu’à généralisation du travail du dimanche, on ne peut qu’être violemment contre !

Et pour avoir travailler toute ma vie professionnelle un nombre certain de dimanches, de samedis, de samedis ET de dimanches la même semaine (!), les jours fériés et les nuits, je ne puis accepter les termes de la proposition de loi discutée actuellement à l’Assemblée Nationale !

C’est pourquoi je souscrit totalement à la Chronique que Gérard Courtois vient de publier dans “Le Monde” daté du 7 Juillet:

Le pataquès du dimanche,

par Gérard Courtois


Ce que l’on conçoit bien s’énonce clairement. Donc le travail le dimanche se conçoit mal, tant il s’énonce confusément ! Pour s’en convaincre, il suffit d’explorer les différentes moutures de la proposition de loi qui, après maints épisodes, réécritures, reports et ratures, revient en débat cette semaine à l’Assemblée nationale. Quel pataquès pour le législateur ! Le citoyen, n’en parlons pas ! Sans un épais glossaire, il sera vite perdu au milieu des “PUCE”, “ZUC” et autres “ZACE”. Traduisez : “périmètres d’usage de consommation exceptionnel”, “zones d’usage constaté”, “zones d’attractivité commerciale exceptionnelle”, sans oublier les communes touristiques, dont la définition diverge selon le code du travail ou celui du tourisme. Comme dirait une jeune amie, c’est “tarli tarli” - expression pas plus homologuée que les sigles précités, mais dont le sens est clair : ça sent l’embrouille.

Longtemps les choses ont été simples, ou presque. Depuis la loi de 1906, le repos dominical était la règle, moyennant des dérogations pour les services publics (hôpitaux, transports, sécurité, musées, etc.), les commerces d’alimentation le matin du septième jour, quelques très grandes zones commerciales et cinq week-ends par an, avant Noël pour l’essentiel.

Tout le monde y trouvait son compte. Le salarié pouvait reconstituer sa force de travail, le croyant observer le rite de son choix, le militant distribuer ses tracts sur le marché, la famille se ressourcer dans d’inoubliables visites amidonnées et Juliette Gréco“Je hais les dimanches”, précisément parce que son amoureux travaillait également ce jour-là. chanter

Nicolas Sarkozy a-t-il été traumatisé par ses dimanches d’enfance ? Craint-il, pour lui ou pour les autres, cette journée angoissante, sans phares ni balises ? On ne sait. Mais il a fait de la banalisation du travail dominical un étendard de son combat contre les “archaïsmes” français et la vitrine de son slogan “Travailler plus pour gagner plus”. La fronde de sa propre majorité l’a contraint à reculer il y a six mois ; il revient à la charge, au risque de l’absurde. Sous prétexte de modernité, l’on va rendre plus illisible encore l’organisation hebdomadaire du travail, plus erratiques les règles d’une profession ou d’un territoire à l’autre, plus fragile la situation des salariés, pas dupes de la liberté de choix qu’on leur promet.

Cela créera-t-il au moins des emplois ? Toutes les études démontrent que non, ou à peine. Cela soutiendra-t-il la consommation ? Même réponse. Cela améliorera-t-il le revenu des travailleurs du dimanche ? Rien ne le garantit. Le consommateur sera-t-il gagnant ? C’est peu probable, quand il aura compris que les surcoûts provoqués par le travail dominical seront inévitablement répercutés sur les prix. Ne serait-il pas plus simple de laisser en paix les dimanches ? D’autant que le repos, ce jour-là, n’interdit ni au président de présider ni au chroniqueur de chroniquer.

 

Vous pouvez également consulter avec profit le site ci-dessous, d'ailleurs actualisé à la date d'aujourd'hui:

  www.travail-dimanche.com                                               link

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