Une nouvelle version de l'arroseur arrosé !

Publié le par Jacques

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Je fais partie de ceux qui dénoncent autant que faire se peut les "journaleux de merde", même si, bien entendu, je ne mets pas tous les journalistes dans ce sac-là.

Mais en lisant ce que je reproduit ci-dessous je ne peux que me rejouir de voir la "presse" disons par simple charité "à sensation" se faire piéger de si belle manière et se faire prendre à son propre jeu !


Guillaume Chauvin et Rémi Hubert, étudiants aux Arts déco de Strasbourg, rêvaient d'un geste artistique retentissant. Ils ont réussi au-delà de leurs espérances : l'hebdomadaire Paris Match a récompensé du Grand Prix Paris Match 2009 un photoreportage intitulé "Etudiants. Tendance précaire", publié dans l'édition du 25 juin du magazine [l'hebdomadaire s'est depuis rétracté, voir encadré]. Ce travail, qui traite de la misère du monde étudiant en France, est en fait une mise en scène réalisée avec la complicité de quelques copains et l'accord de leurs professeurs.

Le Grand Prix annulé

Paris Match annonce sur son site, mardi après-midi, que le comité des membres du jury du concours de photoreportage a décidé d'annuler l'attribution du Grand Prix aux deux étudiants. Il estime que "la 'mise en scène photographique' (...) les éloigne du règlement (...) et de la philosophie que défend le magazine depuis soixante ans". Le montant du prix "augmentera la dotation 2010", assure le magazine.

Pour en arriver là, les deux complices se sont inscrits au Grand Prix Paris Match du photoreportage étudiant, concours qui offre 5 000 euros et une publication dans le magazine au meilleur reportage signé par des aspirants photographes. "Nous n'avons pas enfreint le règlement, souligne Rémi Hubert. Il n'est écrit nulle part que les mises en scène sont interdites."

Les deux étudiants décident de fabriquer un reportage photo "dans le style Paris Match". Ils le font très sérieusement, en se documentant sur le genre et en rencontrant des professionnels, suivis par un intervenant aux Arts déco de Strasbourg. Le sujet n'est pas choisi au hasard : la précarité étudiante, ils l'ont tous les jours sous les yeux. "Le sujet est bien réel. Mais on a poussé jusqu'au bout les clichés." Des amis interprètent des personnages dans des situations particulièrement tragiques : une jeune fille qui se prostitue, un jeune homme qui vit dans un squat, un autre qui dort dans sa voiture. Dans le reportage, tous témoignent par des formules chocs, comme : "Pour pouvoir étudier le jour, je me sers de mon cul la nuit." Rémi Hubert précise : "On trouvait ça un peu caricatural, on pensait que ça ne passerait jamais."

"VOYEURISME"

Mais ça passe. Quand bien même ces deux étudiants sont de parfaits inconnus, les responsables du prix ne font aucune vérification. Et c'est ce reportage qui a été récompensé lors d'une cérémonie à la Sorbonne, à Paris, mercredi 24 juin. A l'annonce de leur victoire, les deux étudiants lisent un texte qui révèle la supercherie et le sens de leur action. Une "démarche, en tant que faiseurs d'images, écrivent-ils, (qui) est une tentative de remise en question : celle des rouages d'un discours médiatique qui a pour ingrédients la complaisance et le voyeurisme dans la représentation de la détresse."

Selon les étudiants, aucun scandale, aucune question n'a accueilli leur révélation. "On était très surpris, raconte Rémi Hubert. Le jury faisait un peu la tête, mais on nous a remis le chèque comme si de rien n'était." Il était trop tard, de toute façon, pour empêcher la publication. Olivier Royant, président du jury et directeur de la rédaction de Paris Match, n'a pas répondu aux sollicitations du Monde. Après ce "geste artistique", les deux étudiants n'excluent pourtant pas de travailler dans le photojournalisme : "On s'est grillés. Mais d'autres seront sensibles à notre démarche", assurent-ils.

Claire Guillot

Article paru dans l'édition du Monde datée 26.06.09.

 

Pas de doute...je me marre !

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poison-social 26/06/2009 17:40

C'est comme le torchon de ma ville, l'Union, qui trouve naturel qu'un chien se jette tout seul dans le vide...