Les lettres ouvertes au PS se multiplient et c'est tant mieux ! N° 2

Publié le par Jacques

 Chère Martine, chers camarades,

 

La défaite que vous avez subie hier à l'occasion des européennes m'attriste profondément. Passé le temps de l'étourdissement, une nuit de réflexion et une matinée d'analyse, je me décide à vous écrire cette supplique.

Je n'ai jamais voté pour vous que par discipline républicaine, mais je l'ai toujours fait sans état d'âme et sans me poser de questions, toutefois, si cette élection avait eu lieu à deux tours, je me serais longuement interrogé avant de prendre une décision quant à l'apport de ma voix. Pourquoi ?

Voici ma réponse, et j'espère qu'elle vous aidera dans la réflexion sur votre futur.

Vos divisions internes comptent beaucoup dans le désintérêt manifesté par vos habituels soutiens, mais j'enfonce là une porte ouverte. L'analyse que je fais de ces divisions se résume à un seul mot court dans son orthographe et long dans sa signification : EGO. Votre entourage, vous peut-être également, avez un ego démesuré, si démesuré que vous vous révélez incapables de trouver un consensus politique tant pour formuler un programme national qu'un objectif européen.

A qui la faute ? Bien évidemment à l'autre.

Je sais, vous rétorquerez qu'il existe des courants dans ce parti et qu'il faut tous les ménager pour conserver l'unité. Ok, mais regardez les choses en face, les courants commencent à s'éparpiller, les uns sont carrément partis, les autres se posent des questions sur le rapprochement avec le centre.

Il vous faut définir une ligne claire, portée par des têtes nouvelles, une ligne qui tende à s'opposer à la politique néo libérale que tout le monde ne dénonce pas chez vous, ce qui sème le trouble chez les électeurs. Déjà, le partage entre le oui et le non à la constitution européenne était une marque de déstabilisation qui s'est un peu noyée dans la masse car le non qui l'a emporté était fait de voix politiques totalement discordantes allant d'une extrême à l'autre. Ce que vous auriez dû faire à ce moment là n'est pas mon propos mais il est temps que vous réagissiez aujourd'hui.

Prenez exemple sur la droite qui n'a pas hésité à se remettre en cause et à se ranger derrière un seul homme, bien que ce dernier ait apparemment fait un coup de force pour rafler la mise. Eux, la discipline républicaine, ils connaissent, aucune voix dissonante ne se fait entendre dans les moments délicats et importants. De plus, ils ont fait l'effort de balayer chez eux les anciennes équipes pour les remplacer par de nouvelles têtes. Vous n'avez pas fait cela jusqu'à présent et nous voyons et entendons des gens qui étaient déjà là  en 1981 puis en 1988. C'est fini, on est en 2009, les gens présents depuis 20 ou 30 ans ne peuvent plus représenter l'avenir aux yeux de électeurs s'ils avaient déjà 40 ans en 1981.

Votre parti à vocation à être de gauche, proche des travailleurs, même si une grande partie de ses soutiens vient de ceux que l'on nomme les bobos, en clair les classes moyennes.

Définissez une fois pour toute une stratégie ancrée à gauche, refusant le libéralisme, dénonçant clairement les abus de la droite tant en matière financière (privatisations) qu'en matière sociale (retraites, sécu, etc)  avec des promesses de retours en arrière sur ces points précis, dévastateurs de votre électorat. Mettez en demeure de ralliement  tous ces nageurs en eaux troubles que sont les DSK, Lang et autres, quitte à les exclure en cas de refus, sachant qu'ils ne vous enlèveront que quelques dizaines de voix que vous regagnerez par ailleurs.

Recherchez dès à présent des alliances avec le Front de gauche, peut-être quelques écologistes pour élaborer une plateforme de gouvernement basée essentiellement sur le peuple et non sur la poignée d'industriels, banquiers et médias qui dictent leur loi au plus grand nombre.

En d'autres termes, bâtissez autour de jeunes femmes et hommes (et vous en avez autour de vous) un vrai parti qui laisse de côté le soutien à telle ou telle sensibilité pour s'appuyer sur les électeurs et non sur des personnalités qui pour la plupart ont fait leur temps.

Dans cette hypothèse, et seulement dans cette hypothèse, les électeurs vous reviendront.

Cordial salut d'un camarade libre de tout parti politique et de toute attache syndicale.

L. AYMARD

Publié dans actualité

Commenter cet article